Stress, émotions et santé: où en sommes nous?

Dr Nathalie Rapoport-Hubschman

Pourquoi apprivoiser?

On m’a encore posé récemment la question suivante:

Pourquoi avons-nous besoin d’apprivoiser notre esprit? Ne suffit-il pas de le laisser jouer son rôle, nous permettre de penser, de prévoir, de réfléchir, d’analyser?

Apprivoiser notre esprit signifie apprendre à le connaitre, savoir comment il fonctionne et être capable de l’utiliser pour vivre mieux. Plus précisément, cela veut dire ne pas se laisser déborder par nos pensées et apprendre à mieux gérer nos émotions. 

C’est de nos pensées qu’il sera question aujourd’hui puisque j’ai abordé dernièrement  le sujet des émotions.

Le cerveau humain a subit des changements considérables durant les trois derniers millions d’années. Il a multiplié son volume par trois et la richesse des connexions qui se sont établies entre les différentes zones cérébrales nous a permis de développer des facultés inégalées dans le règne animal, facultés symboliques qui nous permettent de penser, de prévoir l’avenir et de revisiter en imagination le passé. C’est principalement sur le langage et la visualisation que reposent ces capacités. Sans langage, sans mots, sans imagerie mentale comment pourrions-nous penser?

Pourtant ces mots, ces pensées nous prennent parfois à notre propre piège. Nous pensons, et repensons, et repensons encore, et finissons par ruminer jusqu’à ce que nous soyons parfois épuisés par notre propre activité mentale.

En effet, l’esprit humain est d’une certaine manière fait pour trouver des solutions, résoudre des problèmes.  C’est ce qui a d’ailleurs permis à l’humanité d’avancer et d’atteindre son stade de développement actuel, de bâtir des civilisations et d’envoyer des hommes dans l’espace.

Mais avons-nous réellement besoin de donner à chaque pensée qui traverse notre esprit toute notre attention, une attention que nous avons en quantité limitée? Apprenons à faire le tri. N’oublions pas que nos pensées ne sont en quelque sorte que les productions de notre cerveau, qu’elles peuvent être importantes mais qu’elles ne le sont pas toujours, qu’elles sont parfois purement automatiques, sans importance aucune ou même totalement déplacées.

Une étude publiée ces derniers jours confirme bien d’ailleurs que ce ne sont pas les sources de stress en elles-mêmes qui ont un effet négatif sur notre santé mais plutôt la façon dont nous y réagissons, le fait que nous continuions à ressasser et ruminer ce qui nous arrive.

http://www.sciencedaily.com/releases/2012/11/121102205143.htm?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+sciencedaily%2Ftop_news%2Ftop_health+%28ScienceDaily%3A+Top+News+–+Top+Health%29

Apprenons donc à nous protéger des effets secondaires de la pensée.

Demandons nous si ce que nous pensons va nous aider à résoudre un problème.

Va nous faire avancer.

Va nous faire du bien.

Si ce n’est pas le cas, il est fort probable que nous avons tout intérêt à laisser ces pensées de côté, à ne pas les poursuivre, et à utiliser notre esprit pour penser à autre chose.

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Cette entrée a été publiée le novembre 3, 2012 par dans Bonheur, Pleine conscience, Santé et bien-être au travail, Stress.
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