Stress, émotions et santé: où en sommes nous?

Dr Nathalie Rapoport-Hubschman

Quelques ordonnances de santé positive : Se faire du bien, complaisance ou bon sens ?

Chicago années 40 période de Noël

Les américains prennent les fêtes en général et les fêtes de fin d’année en particulier très au sérieux. Tellement au sérieux que ces supposées fêtes deviennent pour beaucoup des corvées. Les sites de psychologie américains sont d’ailleurs à cette période de l’année emplis de recommandations qui auraient pour but de permettre à tous de survivre à cette période infernale.

Etrange.

Pour ceux qui ont la chance d’avoir avec qui fêter Noel ou toute autre fête d’ailleurs, c’est pourtant une période de réunion familiale, de rythme ralenti, de vacances, de repas pris en communs, de cadeaux que l’on échange dans le but de démontrer notre affection.

Comment réussit-on à faire de cette abondance de bonnes choses une période de stress? 

Cela nous arrive en fait toute l’année et pas seulement en période de fêtes. Nous laissons les conflits potentiels (comment vais-je survivre aux 24 heures à passer avec ma belle-mère) ou l’accumulation de taches peu agréables en elles-mêmes (les achats dans des magasins bondés) nous faire perdre de vue et nous gâcher ce que l’on appelle en anglais la « big picture », la vue d’ensemble, pour n’en voir que les détails moins agréables.

Nous sommes experts dans l’art de monter en épingle les petits désagréments de la vie quotidienne alors qu’au bout du compte, malgré la le bus raté et le dossier perdu puis retrouvé, la journée a également été riche en bons moments. Notre cerveau a tendance, on le sait (voir « Apprivoiser l’esprit, guérir le corps», chapitre III), à se focaliser à outrance sur les aspects négatifs. Je trouve très parlante la métaphore qui compare à du velcro la façon dont notre esprit réagit au négatif  (difficile à décrocher) alors que face au positif (les petites choses simples mais sympathiques qui nous arrivent au cours d’une journée), il a tendance a se comporter en téflon et laisse « glisser », sans y attacher d’importance, considérant souvent – à tort – que tout ce qui va bien va de soi. Cette disposition naturelle chez la grande majorité d’entre nous ne fait que nous rendre plus réactifs aux effets du stress. Face à une journée qui comporte, comme la plupart d’entre elles, des événements négatifs ainsi que positifs, nous subirons l’usure liée aux réactions de notre corps en situation de stress sans nous donner la possibilité de recharger nos batteries en prenant conscience et en profitant des petites moments de détente et de satisfaction.

Que pouvons-nous faire pour cela?

Bien que le stress soit inévitable et fasse partie intégrante de notre existence, nous avons de nombreux moyens – extrêmement simples – à notre disposition, qui nous permettent d’en amortir les effets négatifs.

Prêter davantage attention à ces petites choses qui peuvent nous faire du bien nous permet – de nombreux travaux scientifiques nous l’on montré (« Apprivoiser l’esprit » chapitre IX) – d’atténuer les effets du stress sur notre santé.

Malheureusement, nous oublions fréquemment que le fait de savoir ce qui peut nous faire du bien ne suffira pas. c’est pour cette raison, qu’il nous faut décider de passer à l’acte et mettre ces recommandations en pratique.

Pas besoin de grands changements pour mieux faire face aux périodes de stress. Etre avec des personnes que l’on aime, s’investir dans une activité qui nous absorbe, et surtout, à plusieurs reprises au cours de la journée, créer des mini-sas de décompression (respirer, faire le vide pendant quelques instants) pour pouvoir repartir de plus belle.

Mais n’attendons pas que ces choses qui nous font du bien nous arrive. C’est justement pendant les périodes les plus tendues, lorsque l’on a tendance à les oublier (je prendrai le temps demain, j’irai faire du sport demain, je me coucherai tôt demain), qu’il faut savoir activement aller les chercher.

Pour prendre place sans trop de heurts dans notre routine hebdomadaire, ces activités doivent être simples et ne doivent pas prendre trop de temps, elles peuvent même être très courtes (quelques minutes de relaxation). Il n’est pas question ici d’un voyage en Inde, d’un changement de carrière ou de partenaire, ou de l’achat d’une nouvelle voiture…

Programmez-les à l’avance dans votre emploi du temps comme vous programmez les multiples corvées de la semaine. Cela peut être trois fois par jour 2 minutes de pause respiration au travail ou encore quelque chose de plus construit comme cela; lundi: piscine, mardi: déjeuner avec un ami, mercredi: film, jeudi: yoga, vendredi: chorale, samedi: golf, dimanche: grasse matinée.

Toutes les options sont possibles.

Si vous souhaitez vous y mettre, commencez par choisir trois activités qui vous paraissent réalistes. Décidez à l’avance du moment de la journée, de la semaine, qui parait le plus adapté.

Bref, si vous souhaitez mettre ces conseils en pratique, ne sortez de cette page qu’avec un plan de travail en tête, un scenario bien défini qui vous évitera d’être repris au plus vite par l’inertie du quotidien.

Lorsque vous aurez une idée précise de ces quelques activités (lesquelles, quand, avec qui, comment), n’hésitez pas à en profiter pleinement, même à l’avance.

Pensez-y, imaginez-vous en situation, visualisez à l’avance ce qui est prévu. Notre esprit ne fait pas bien la différence entre ce que nous imaginons et ce qui se passe en réalité. On le voit bien lorsque notre cœur commence à battre plus vite et que nous avons des crampes d’estomac à l’idée d’une entrevue qui risque d’être particulièrement tendue. L’inverse est tout aussi vrai. Le fait d’anticiper un bon moment ou de se le remémorer a des effets positifs sur notre corps.

Quand vous y serez (en train de vous faire masser, de faire du yoga, de papoter avec des amis) soyez-y vraiment. Prenez soin de ne pas vous laisser parasiter par les inévitables pensées automatiques (j’ai oublié de faire ceci, j’aurais du faire cela …) et laissez votre esprit là où se trouve votre corps, pour en profiter pleinement.

Enfin lorsque vous aurez fini, surfez sur la vague.

Vous avez eu un bon moment avec quelqu’un qui vous est cher, repensez-y, revivez l’émotion qui y est associée. Pensez à la chance que vous avez d’avoir des amis si proches ou d’avoir vu un bon film qui vous a détendu. Profitez des ondes positives déclenchées par cet instant et des effets bénéfiques sur notre organisme (les-emotions-positives-contre-le-stress/).

Evitez de replonger à vitesse grand V dans le flot de vos activités quotidiennes. N’oubliez pas de partagez ce moment de plaisir, faites le durer. Revivez-le en imagination, parlez-en, racontez-le. Et surtout, ne vous ruez pas dans l’urgence vers l’étape suivante.

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Cette entrée a été publiée le décembre 12, 2012 par dans Bonheur, Psychologie positive, Santé et bien-être au travail, Stress, et est taguée , , , , .